mardi 10 avril 2018

De la mort au Don d'organes ... et réciproquement

Le coin des experts XAVIER DUCROCQ

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Autres liens avec ce sujet sur le blog Bioéthique et Catholiques


dons d’organes




fin de vie

Colloque ERER (CCNE) du 10-09-2015 à Strasbourg« De la mort au don d’organes ».


Le Professeur Xavier Ducrocq, neurologue, participait à ce colloque .. dont voici les points clés


La question du consentement?  Un seuil d’acceptation fragile
Un médecin allemand est intervenu sur un scandale survenu en 2012 : il y a eu collusion entre certains décès et la répartition des organes de donneurs.. la société allemande s’est interrogée sur la mort encéphalique : comment comprendre la survie des organes - telle que pour poursuivre une grossesse jusqu’à l’accouchement d’enfant vivant - de personne en mort encéphalique ? La mort peut-elle engendrer la vie ? La mise en lumière de ces situations exceptionnelles a eu un impact retentissant : le taux de don d’organes a diminué, la population allemande ayant perdu confiance dans la médecine sur ce sujet.
En France, le consentement est présumé. Cependant, si le patient n’est pas sur la liste des refus, les proches sont consultés (*) (......) l’initiative menée par le député Jean-Louis Touraine à l’occasion des discussions sur le Projet loi Santé à l’Assemblée nationale a été refusée par les équipes de coordination des dons, mais aussi par les associations de greffes. Dans ce cas, la société s’est exprimée et on est arrivé à l’entendre.

(…) L’état de mort encéphalique
Un point clé est apparu avec la réanimation dont elle est indissociable survenant comme échec de la réanimation, la mort encéphalique pourrait en devenir un objectif.  La mort est constatée quand la destruction de l’encéphale est totale et irréversible, mais cette définition même de la mort encéphalique pose question… les définitions officielles, légales, diffèrent d’un pays à l’autre … En France, la mort encéphalique inclut la mort du tronc cérébral et celle du cortex (en Angleterre, seulement la mort du tronc cérébral). La réanimation se poursuivant pour garder intacts les organes, la personne semble toujours vivante (si on arrête la ventilation artificielle, tous les organes vont s’arrêter et ils vont mourir les uns après les autres: la mort du cerveau entraine celle de tous les organes).
Pour que les proches admettent la mort encéphalique alors que les organes vivent, il faut un crédit de confiance considérable dans les médecins. Or, avec Maastricht III, on abandonne la règle du donneur décédé, et on ouvre la voie à des prélèvements d’organes de personnes en état végétatif, finalité si noble, puisqu’il s’agit de sauver une vie. Mais la fin ne justifie pas tous les moyens.


Procédure sur cœur arrêté  (protocole de Maastricht) :
Ou comment ne pas hâter la mort ? Deux mécanismes différents conditionnent deux circonstances différentes de don d’organes : tout comme la mort du cœur entraîne rapidement celle des autres organes, dont le cerveau… Cette autre procédure concerne le prélèvement sur cœur arrêté (AC). Les circonstances diffèrent totalement de celles de la mort encéphalique. Le protocole dit de Maastricht regroupe 4 situations différentes : AC non réanimé (arrivée des secours trop tardive), AC réanimé sans succès, AC en situation de limitation ou d’arrêt de traitement (dans le cadre de l’obstination déraisonnable) et AC chez un patient en mort encéphalique. Dans le « Maastricht III »… chez des personnes qui ont toutes les « chances » de mourir… apparait comme une procédure de prélèvement dans le cadre d’une mort « programmée » avec tous les risques de dérives possibles : quand le cœur ne bat plus efficacement, s’installe une période d’arrêt circulatoire, avant l’arrêt cardiaque définitif. Cette période de quelques minutes est mise à profit pour mettre en place des procédures médicales nécessaires en vue du prélèvement, des reins en particulier. Ces actes médicaux, invasifs, interviennent alors que le patient n’est pas encore mort, ni de mort cérébrale, ni d’arrêt cardiaque. Ils anticipent sur la consultation du registre des refus, laquelle n’est autorisée qu’une fois la mort affirmée. La question ne manque pas de se poser: « Est-ce qu’on ne fait pas mourir des personnes qui ne sont pas tout à fait mortes ?» Tout se joue en quelques minutes : cette contraction dans le temps des annonces, informations, examens, interventions chirurgicales… s’avère difficile à vivre tant pour les proches que pour les équipes médicales. La procédure met en lien l’équipe chargée de la réanimation du mourant et l’équipe chargée de prélever les organes ; face au risque de conflit d’intérêts, seule l’intention morale du réanimateur, difficilement évaluable, sera garante de cette indépendance. 


Dans ces circonstances où on frôle toutes les limites de l’acceptable, les réanimateurs ont estimé qu’il faudrait modifier le régime de consentement vers un consentement explicite. Peut-on se contenter d’un « je ne dis pas non ? sans une parfaite transparence, une très bonne information et… un consentement explicite. Dans les pays où les deux registres existent, le nombre plus important des refus que celui des dons montre que le problème de « dire oui ou dire non, mais le dire » n’est pas qu’un problème d’information du public, mais d’abord de confrontation à sa propre mort (voir article du blog sur fin de vie https://bioethiquecatholique.blogspot.fr/2018/03/euthanasier-cest-tuer-et-la-mort-nest.html). De plus, comme l’exemple de l’Allemagne le montre, la rupture du climat de confiance est très préjudiciable pour la greffe.

Enfin, même si ce point n’a pas été abordé, il convient de s’interroger sur la portée de cette hyper-médicalisation du temps du mourir, au regard notamment de l’accompagnement palliatif.


http://www.genethique.org/fr/de-la-mort-au-don-dorganes-64015.html#.WsjM52bpNmB (01 octobre 2015)

Commentaire bioethique catholique

Nous sommes sous consentement présumé sauf si nous nous inscrivons volontairement au registre des refus.. 
la famille ne sera qu’informée par le médecin du dépouillement des organes de leur parent malade et ne pourra donc s'y opposer

Le P Brice de Malherbe lors du debat à versailles precise que les greffes même du vivant ne sont pas évidentes, citant le cas d’une famille ou le greffé d’un rein mourra suicidé un mois plus tard (analogie illustrant des cas récurrents tels l’affaire Pechanski, voir le blog dons d’organes)

rappel autres articles sur le même thème : 

greffe d'organes d'adultes (fin de vie)
samedi 24 mars, 22h35 , un documentaire de arte "les enjeux du don d'organe"  souligne la nécessité de traitement immunosuppresseur aux patients receveurs d'organes "chauds" transplantés (coût: plusieurs milliers d'euros/an/patient): incidence des âmes des patients prélevés à leur insu alors qu'elles habitaient encore leur corps ?) 
greffe d'organes de personnes non nées et déjà conçues
En 2002, alors que la loi du 29/7/1994 interdisait toute recherche portant atteinte à l’intégrité d’un embryon humain, le Pr M. Peschanski, (Inserm) présente un succès dans le cadre des greffes de cellules souches embryonnaires dans le cerveau de 15 parkinsoniens. Il explique à Europe I que les prélèvements sont faits sur des fœtus vivants « selon des conditions éthiques ( sic !)». Très vite les malades greffés présentent des maux de tête, des mouvements incoordonnés. Ils supplient d'être débarrassés de la greffe, impossible. Ils mourront dans des souffrances indicibles

autres liens utiles sur ce même thème


samedi 7 avril 2018

"Des maux passés sous silence" ..les CHIFFRES DE LA PMA

Les  articles du n° spécial PMA- GPA de Famille chrétienne n°2090 de début février nous incitent à publier ce commentaire important 



Cliquez sur le lien pour lire l'article :

L’article titré :
« Embryons surnuméraires : une injustice irréparable » indique que c'est bien, en effet, le statut de l'embryon qui est au cœur de cette question comme d'ailleurs la loi de révision Bioéthique de 2013 https://bioethiquecatholique.blogspot.fr/2018/02/revision-2013-loi-bioethique-effet.html (*)

Les 221.538 d’enfants congelés restants depuis des décennies proviennent d'enfants conçus par la PMA: environ 425.000, en métropole seule (qui n'ont donné naissance qu’à 24839 en 2015)

1°) Les "techniques PMA de FIV et ISCI (source ABM, rapport 2015), donneront naissance à 13.840 enfants vivants pour 62.230 embryons implantés avec succès in utero, eux mêmes puisés dans les 75357 sur 311.655 embryons obtenus en 2015 par ces techniques; les autres sont détruits ou congelés(*)

2°) Le ratio en IAC-IAD (Insémination Artificielle avec Donneur) est 2 fois moins bon qu'en ISCI (respectivement 11,55% et 21,45%). L’IA donne 6150 naissances PMA moitié moins qu’en FIV et ISCI, (chiffres clés p.27). 53550 embryons IAD sont conçus /an en 2015

3°) Dans le processus TEC 2015 (transferts d'embryons congelés) 5390 enfants sont nés sur 29.150 embryons transférés et 44150 en intégrant les non transférables  (autre source 53190(**))

En réalité le chiffre clé à retenir de la PMA 2015 est 409.370 embryons conçus (implantés, non implantés ou inséminés): 311655 (ISCI&FIV transférés, congelés ou détruits)+53550 IAD+44.150 (yc perte en congélation, avant TEC).

400.000 êtres humains PMA sont sacrifiés chaque année
Ceci donne un  taux de déchets d'embryons de la PMA de 94% (le rendement de 17% affiché généralement par l’ABM (Agence de la Bio-Médecine) ne rend pas compte du processus global PMA, en amont des transferts) .

(*)
la révision de loi 2013 livre l'embryon à la recherche destructive d'embryon " à des fins régénératives et pouvant mener à la création de nouveaux embryons humains" ( sic ! Pr Frydman France culture , 2015 https://www.franceculture.fr/emissions/revolutions-medicales/science-et-religions-se-penchent-sur-lembryon-humain)

68111 embryons (22% des embryons conçus FIV et ISCI en 2015) ont été congelés tandis que ceux déjà congelés  sont donnés à la recherche (34089) ou abandonnés (34542)
Pire si l'on intègre dans les embryons congelés avant transfert TEC, ceux qui ne résistent pas congélation ou à la décongélation .

(**) http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/fiv-faut-il-congeler-tous-les-embryons-16-03-2015-1913147_57.php: le transfert d'embryons congelés (TEC) fait moins de «déchets humains» par rapport à celui d'embryons frais (FIV): en termes de taux d'implantation (26,5 % contre 20 %), de grossesse démarrée et menée à terme (39,7 % contre 31 %). un taux global de respectivement 15,2% et 10,5%; 2/3 seulement des embryons congelés sont transférables: un taux d’environ 10% ..http://www.fivfrance.com/page_congelation_embryons.html dit en pratique que leur taux de nidation est 3 fois plus faible que celui des embryons frais. Et si la vitrification des embryons améliore sensiblement les résultats, elle n’est pas mise en oeuvre partout.
Selon ces chiffres, incluant un taux meilleur en ISCI , nous aurions 201.500 embryons PMA conçus transférés  ou implantés qui s’ajoutent aux 68.111 congelés et 158.187 détruits: soit un total de 427.800



vendredi 6 avril 2018

Clarification: l’Eglise de France et le statut de l'embryon

L’embryon: Est-il une personne ? Y a-t-il des textes suffisamment clairs là-dessus?

Cliquez sur l'image pour écouter l'émission de France Culture




Souvent revient cette expression : "respecter la dignité de la personne depuis sa conception à sa mort naturelle". Mais, si l'on ne connaît et ne définit pas ce commencement de la personne humaine, si au contraire on laisse sous-entendre, comme le font les partisans de l'animation tardive, qu'il y a des étapes entre un moindre-être que serait le stade "amas de cellules" ou "être végétatif" ou “petit animal", et un “plus d'être” : le fameux moment où l'âme spirituelle serait infusée, comment ne pas en tirer la conclusion qu'au commencement de son existence génétique et biologique, l'être humain n'est pas encore une personne ! Qui, quand suspecter de porter atteinte à ce qui n'est pas encore?


 Commentaires de Bioéthique et Catholiques 
 Sur la question de l'animation de l'être humain  voici ce que nous avons relevé des prises de positions  de la part des representants "autorisés " de l'Eglise  depuis 20 ans (et plus ) . Dans l'entendement ordinaire, la conception est souvent confondu avec la fécondation ... mais  la conception est le moment où justement chacun de nous a commencé d'exister dans une unité plenière du corps de l'ame et de l'esprit : au moment de la création (de l'âme humaine) par Dieu (Humani Generis de Pie XII) et ne se confond pas obligatoirement avec la fécondation  qu'il est plus facile de situer au moment de la fécondation  biologique de l'ovule et du spermatozoïde 
Les textes  catholiques affirment que dès la conception l'embryon est une personne humaine à part entière . Il reste qu' en approfondissant la conception humaine  la question du moment de cette conception n'est pas claire. C'est le bilan que nous avons voulu dresser ici pour vous 

Une  réponse est apportée dans le blog déjà au niveau du Magistère, des paroles des papes, et docteurs de l’Église:  http://bioethiquecatholique.blogspot.fr/p/le-coin-des-theologiens.html: ils parlent de conception comme étant celui qui fait être l'être humain avec une âme spirituelle uni à son corps , mais pas du moment de cette conception,
Par contre l'Académie Pontificale pour la vie, en concordance avec le point de vue biologique rejoint la pnsée du pape Jean Paul II http://bioethiquecatholique.blogspot.fr/p/blog-page_15.html

Reste à savoir si les porte-paroles de l’Église de France sont vraiment en concordance avec leur mission d'éclairer les politiques, scientifiques, médecins et médias et les fidèles catholiques qui se posent ces questions  …. nos pasteurs, évêques nous demandent de réfléchir et d’approfondir les fondements de notre humanité, ce que nous entreprenons de faire depuis plusieurs semaines pour que les choses soient, ENFIN, plus claires et explicites pour les catholiques et leur témoignage en tant que tel dans les débats  et référendum bioéthiques actuels…. Chacun peut poser d’ailleurs la question à son curé, son évêque, les responsables de la bioéthique qu’il a désignés …. avec les liens ci-dessus il y a de quoi motiver notre démarche auprès d'eux .

L’Église proclame-t-elle l'animation tardive ou, comme le pape, l’animation immédiate ? 
Voici  ce que nous pouvons recenser en la matière (ce travail de synthèse n'est pas définitif : comme pour tous les articles publiés ici, nous remercions de ce qui permettra de l'améliorer ou de mieux le cerner en vérité, sans tabou et sans omerta):

Pour les représentants du Conseil Episcopal de France et leurs responsables de "mission Bioéthique"


=> le site du CEF ne présente actuellement aucune rubrique sur le statut de l'embryon autre que des textes d'encycliques  mais à aucun moment n'évoque la Déclaration de Jean Paul II à l'Académie Pontificale pour la vie de février 1998 [voir 1er lien du blog ci-dessus], ou même la position de la même Académie sur cette question [voir 2è lien du blog ci-dessus]


=> père Olivier Dinechain (sj) : sa réponse aux Semaines Sociales de France en 2002 (le document final est sur internet)  a été claire : l’Église ne s'est pas prononcée et opte préférentiellement pour l'animation tardive . En coulisse il a dit que jean Paul II s'était trompé et avait été "acheté " par des puissances financières pour dire des choses aussi stupides que sa déclaration de février 1998. Il ne e sera contredit par AUCUN ecclésiastique ou théologien ou religieux présent et il y en avait !!!


=> père Bruguès dominicain, devenu ensuite évêque d'Angers,  nommé au Comité Consultatif National d'Ethique ( CCNE ) fera une communication présentant les positions phénoménologiques allemandes et idéalistes britanniques, déniant un quelconque statut d'être humain dans son développement précoce, puis évoquera les positions tardiviste et immédiate française mettant la seconde au rang des principes qu'il ne partageait pas (sans toutefois citer le pape Jean Paul II et sa Déclaration). Il reprendra, devenu évêque d’Angers, les mêmes positions (Mgr J.L. Bruguès, Où et quand commence la vie ?, Pour une bioéthique européenne, Annales d’histoire et de philosophie du vivant, Vol. 7, pp. 51-56.) tout à fait analogues que celles du père Olivier Dinechain.


= > père Bruno Saintôt (sj au Centres de Sèvres), membre actuel de la commission bioéthique du CEF, expose dans une émission France Culture de 2015  que l’Église considère la question du statut de l'Embryon du point de vue ontologique ( personne ou non , animation ou non?) “l’animation  immédiate ou tardive ont été débattues en reprenant les catégories d’Aristote (40è jour) .. L’Église n'a pas pris de position philosophique ....pour pouvoir définir l'embryon en tant que personne  un statut "énigmatique". Du point de vue éthique “ l'embryon doit être traité comme une personne et non pas en tant qu’étant une personne”.  Enfin du point de vue juridique “ le droit canonique a varié au cours des temps, puis plus loin l’Église catholique dit tout acte qui a pour conséquence une destruction d'Embryon est une instrumentalisation de l'être humain: il serait plus digne de le laisser mourir il serait mieux de ne pas les produire d'où le fait de préférer la congélation des ovocytes plutôt que celle des embryons ; la critique de l’Église à propos du DPI, l'instrumentalisation et le statut de l’embryon rentrent dans une cohérence politique et éthique”

- le rôle de la Communauté t St Jean:
Le livre "les 3 sagesses" (ed 1993, rééditée 9 ans plus tard) du père Marie Dominique Philippe, leur fondateur affiche une position tardiviste qui oblige tous les religieux et oblats de cette communauté St Jean. Elle influence depuis 25 ans de façon quasi générale tous les catholiques de France, faute de contradiction métaphysique (sinon celle faite pour les papes Jean Paul II et Benoit XVI sous l’autorité de Mgr Séguy évêque aujourd’hui émérite, travail ignoré au même titre que la Déclaration du pape Jean Paul II du 24 février 1998)


Quelques voix, à notre connaissance, optent pour afficher une position immédiate:


=> Olivier Arduin, commission bioéthique du diocèse de Toulon https://questions.aleteia.org/articles/114/lembryon-est-il-une-personne-humaine : il cite d'ailleurs et c'est le seul, la Déclaration de JPII de février 1998  (comme il le fait d’ailleurs dans les formations bioéthiques prodiguées à l’école cathédrale)
=> Père P. Ide (Cté Emmanuel) en s'appuyant sur des arguments phénoménologiques : on ne peut "séparer" l'embryon biologique de "l'embryon personne" [voir note du 2è lien ci-dessus]


=> l'Académie Pontificale pour la Vie [voir note  du 2è lien ci dessus]


=> quelques évêques mais qui n'en feront aucune mention...par solidarité avec le Collège épiscopal?

mercredi 4 avril 2018

Fin de vie : déclaration des évêques de France 22 mars 2018


FIN DE VIE : OUI À L’URGENCE DE LA FRATERNITÉ !
DÉCLARATION DES ÉVÊQUES DE FRANCE

Nous devons tous pouvoir réfléchir le plus sereinement possible à la fin de vie. En apportant leur éclairage, les 118 évêques de France signent une Déclaration « Fin de vie : oui à l’urgence de la fraternité ! », ce jeudi 22 mars 2018.
Ils expriment leur compassion envers leurs frères et sœurs en fin de vie et saluent les professionnels de santé qui leur procurent une réelle qualité de vie avec une fin de vie la plus apaisée possible. Ils déplorent les disparités d’accès aux soins palliatifs sur le territoire national, ainsi que l’insuffisance des formations proposées aux personnels soignants, car cela engendre des souffrances tragiques. Ce sont elles qui occasionnent les demandes de légalisation d’assistance au suicide et d’euthanasie.
Avec ces constats, les évêques de France avancent six raisons éthiques majeures pour s’opposer à cette légalisation qui, à nouveau, troublerait profondément notre société.
Ils appellent leurs concitoyens et leurs parlementaires à un sursaut de conscience

extraits :

En raison de ces carences et de la médiatisation de certains cas, plusieurs réclament un changement de la loi par la légalisation d’une assistance médicale au suicide et de l’euthanasie. Face à cette réclamation, nous affirmons notre opposition éthique pour au moins six raisons : 

1. La dernière loi a été votée récemment, le 2 février 2016. Son application est encore largement en chantier et demande une formation appropriée. Apprécier, au cas par cas, comment accompagner au mieux chaque personne en grande (2) vulnérabilité demande temps, discernement et délicatesse. Changer la loi manifesterait un manque de respect non seulement pour le travail législatif déjà accompli, mais aussi pour la patiente et progressive implication des soignants. Leur urgence, c’est qu’on leur laisse du temps.

2. Fort de la fraternité qu’il proclame, comment l’État pourrait-il, sans se contredire, faire la promotion – même encadrée – de l’aide au suicide ou de l’euthanasie tout en développant des plans de lutte contre le suicide ? Ce serait inscrire au coeur de nos sociétés la transgression de l’impératif civilisateur : « Tu ne tueras pas. » Le signal envoyé serait dramatique pour tous

3. Si l’État confiait à la médecine la charge d’exécuter ces demandes de suicide ou d’euthanasie, des personnels soignants seraient entraînés, malgré eux, à penser qu’une vie ne serait plus digne d’être vécue, ce qui serait contraire au Code de déontologie médicale : « …Tuer, même en prétendant invoquer la compassion, n’est en aucun cas un soin. Il est urgent de sauvegarder la vocation de la médecine.

4. Même si une clause de conscience venait protéger les soignants, qu’en serait-il des personnes vulnérables ?(…) La détresse de celles qui demandent parfois que l’on mette fin à leur vie, si elle n’a pu être prévenue1, doit être entendue. Elle oblige à un accompagnement plus attentif, non à un abandon prématuré au silence de la mort. Il en va d’une authentique fraternité qu’il est urgent de renforcer : elle est le lien vital de notre société.
À ce sujet, voir les propositions concrètes données dans le document : Mgr Pierre d’Ornellas et alii, Fin de vie, un enjeu de fraternité, Salvator, 2015, pp. 147-149.

5. Les tenants de l’aide au suicide et de l’euthanasie invoquent « le choix souverain du malade, son désir de maîtriser son destin ». Ils prétendent que «… C’est le type même de la liberté personnelle qui ne déborde pas sur la liberté d’autrui ». Mais qu’est-ce qu’une liberté qui enferme la personne vulnérable dans la solitude de sa décision ? L’expérience atteste que la liberté est toujours une liberté en relation grâce à laquelle le dialogue se noue afin que le soignant soit bienfaisant. ..Si certains font le choix désespéré du suicide, la société a avant tout le devoir de prévenir ce geste traumatisant(qui) ne doit pas entrer dans la vie sociale par le biais d’une coopération légale au geste suicidaire. (3)

6. Réclamer sous quelque forme que ce soit une « aide médicale à mourir »…des institutions spécialisées dans la mort….  C’est conduire notre système de santé à imposer à nos soignants et à nos concitoyens une culpabilité angoissante, chacun pouvant être amené à s’interroger : « Ne devrais-je pas envisager un jour de mettre fin à ma vie ? » Cette question sera source d’inévitables tensions pour les patients, leurs proches et les soignants et pèserait gravement sur la relation de soin.

Ne nous trompons donc pas d’urgence ! La fraternité relève d’une décision et d’une urgence politiques que nous appelons de nos vœux.

Commentaires  de Bioéthique et Catholiques

Bravo! Ne faudrait-il pas ajouter quelques éléments pratiques pour conforter cette déclaration? :

  • la question  est aussi à relier aux dons d’organes comme cela a été relevé sur le blog : la position des évêques de France reste peu lisible quant au statut de la personne en fin de vie et notamment  qui permettrait de prélever en fin de vie (euthanasie) des organes «chauds» : l’âme humaine reste-t-elle présente après la mort dite clinique que les hôpitaux considèrent être « acquise » à la « mort cérébrale » ?
  • Enfin l’euthanasie ne semble pas relever de la loi bioéthique et le Ministre de la Santé a déjà déclaré que il n’y aurait pas de révision de la loi Leonetti. Nous attendrions des positions qui fassent honneur à l’Eglise pour que soient fixées des repères ontologiques et  le rappel de droits naturels face aux dérives du droit positif qui ne cesse de mener les droits humains dans une chute dévastatrice : celle qui met l’être humain au rang d’objet, de matériau, d’amas de cellules . Quant l’Eglise de France affirmera que dès le début de son existence biologique l’embryon possède une âme immortelle , et donc est à part entière une personne humaine ?
  • Et pas seulement du point de vue éthique mais surtout du point de vue ontologique, et théologique qui fonde son statut humain dès la conception à égalité avec toute personne humaine née , finalisée  et orientée vers la vie éternelle dont chacun aura à rendre compte … et en particulier les gouvernants et tout homme responsable dans la cité.

Plusieurs articles ici justifient d’attendre de la part des autorités épiscopales le courage de dire la vérité que nos papes ont eu quant à eux le courage de déclarer et qui sont ignorées systématiquement depuis 15 ans et plus (comme d’ailleurs, par exemple, la légalisation du clonage humain en France) :
le COIN DES THEOLOGIENS : textes du Magistère, des papes, d'évêques, de Docteurs de l'Eglise  

l'ANGLE METAPHYSIQUE :démonstration de l'âme et de l'embryon  https://bioethiquecatholique.blogspot.fr/p/le-coin-de-la-metaphysique.html

POINT DE VUE DU DROIT POSITIF ET NATUREL : le Statut de l'Embryon humain

EMBRYONS et MANIPULATIONS PMA de CONCEPTION  : et Dieu dans tout ça?

RELIGIONS ET CREATION DE L’ÂME
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